16. Commerces et lieux en parts

En bref. En plus des bâtiments, vous pouvez investir dans les commerces et lieux de la carte (boutiques, restaurants, hôtels, monuments, musées, parcs). Vous ne les exploitez pas vous-même : chacun est confié en location-gérance à un gérant, qui vous verse une redevance. Ils coûtent cher, alors on les prend souvent à plusieurs : vous détenez un pourcentage des parts et vous touchez votre part de la redevance. Aucune condition sur la rue à laquelle le lieu est rattaché. Seule condition : être sur place pour votre tout premier investissement dans un lieu donné ; ensuite, vous le gérez de partout.


Trouver et ouvrir un commerce

Les lieux nommés du monde réel apparaissent sur la carte sous forme de pastilles dorées quand vous zoomez suffisamment. Touchez-en une pour ouvrir sa fiche : infos du lieu, valeur, détenteurs de parts, et le bouton Investir.

Vous les retrouvez aussi depuis une rue : sur la fiche d'une rue, l'onglet Bâtiments liste les lieux qui y sont rattachés.

Comment ça marche ?

Chaque lieu est rattaché à la rue de son adresse. À défaut d'adresse, c'est la rue nommée la plus proche, l'axe le plus passant l'emportant quand deux rues bordent le lieu à distance comparable. Vous pouvez y investir dans tous les cas, que cette rue soit possédée ou non :

Personne ne possède la rue, et personne n'y touche rien. La voirie appartient à sa commune : il n'y a ni autorisation à demander, ni commission à verser à quiconque. La rue de l'adresse sert à situer le bien, sa commune et son emplacement, et rien d'autre.

Une seule contrainte de présence : votre tout premier investissement dans CE lieu. La première fois que vous prenez une part d'un lieu donné, il faut être physiquement à proximité (le cercle de découverte de 100 m, voir Géolocalisation & présence). Une fois cette première part acquise, vous gérez ce lieu de partout : augmenter votre part, l'améliorer, le rénover, tout ça se fait à distance. Chaque lieu a donc son propre « ticket d'entrée » géographique, indépendant des autres.

Les biens de prestige demandent un niveau

Les lieux les plus prestigieux sont réservés aux joueurs de niveau 15 et plus : les monuments (arcs, colonnes...), les mémoriaux (stèles, plaques commémoratives), les châteaux et les sites touristiques. On ne s'en offre pas une part le jour de son inscription.

Ce sont les quatre catégories les plus chères du jeu, celles de la tranche la plus haute : un tel bien vaut à lui seul plusieurs fois un commerce ordinaire. Tous les autres lieux (commerces, hôtels, musées, écoles, parcs...) restent accessibles dès le premier jour.

La règle vaut quelle que soit la façon d'acheter : investir directement comme racheter la part d'un autre joueur. → voir Progression : niveaux & tâches.

Pourquoi « à plusieurs » ? L'investissement en parts

Un commerce coûte souvent cher. Vous n'êtes pas obligé de le payer seul :

  • Le premier investisseur en prend la part qu'il peut se payer (par exemple 30%). Le commerce entre dans le jeu dès cette première part.
  • Les parts qui restent sont libres : d'autres joueurs y investissent plus tard.
  • Votre part (votre pourcentage) détermine la fraction de la redevance que vous touchez.

Les joueurs qui détiennent des parts d'un même commerce en sont les coassociés. Ce n'est pas une copropriété : un fonds de commerce n'a ni lots, ni parties communes, ni syndic. La copropriété, elle, concerne les bâtiments détenus à plusieurs (voir Charges du bailleur).

Combien coûte un commerce ?

Un commerce se paie au prix de sa ville, exactement comme dans la vraie vie. Trois choses le fixent :

  • la surface qu'il exploite (un supermarché occupe vingt fois la surface d'un coiffeur) ;
  • le prix du mètre carré commercial de la commune ;
  • le poids du fonds dans ce métier : une boulangerie ou une pharmacie gardent leur clientèle même si l'enseigne change, une supérette la doit surtout à son panneau.

La même boulangerie vaut donc environ 86 k dans une commune moyenne, 281 k à Asnières-sur-Seine et 512 k à Paris. Si vous trouvez un commerce très en dessous de ce qu'il vaudrait ailleurs, c'est que la ville est abordable, pas que le jeu se trompe.

Ce qui n'est pas un commerce garde un prix forfaitaire : un monument, un stade ou un musée n'ont pas de fonds de commerce à valoriser.

Type de lieu Prix de base
Établissement (cinéma, école, théâtre…) 300 k
Grand équipement (musée, hôpital, stade…) 600 k
Monument, château, attraction majeure 1,2 M

Ce forfait s'applique aussi partout où nous n'avons pas encore le prix du mètre carré, principalement hors de France.

Un lieu connu vaut plus cher (et rapporte plus) : jusqu'à ×2, ×4, voire ×10 pour un lieu iconique (le Louvre, la Tour Eiffel…), selon sa notoriété. C'est pour ça que les grands monuments se prennent forcément à plusieurs.

Quand vous ouvrez un lieu, vous choisissez au curseur le pourcentage que vous voulez acquérir (au moins 0,1%, le ticket d'un petit épargnant, comme une part de SCPI) : le prix de votre part = ce pourcentage × la valeur du lieu.

Le prix suit aussi l'état du lieu : les parts d'un commerce laissé à l'abandon se paient jusqu'à 40% moins cher. C'est logique (il rapporte moins), et c'est la matière première du métier de marchand de biens. Voir État d'un bâtiment & rénovation.

Les frais d'acquisition

Comme dans la réalité, l'achat d'un fonds de commerce paie des droits de mutation, calculés par tranches sur le prix de votre part :

Tranche du prix de votre part Droits
jusqu'à 23 000 € 0%
de 23 000 à 200 000 € 3%
au-delà de 200 000 € 5%

Une petite part n'en paie donc aucun. Un exemple : 30% de la boulangerie d'Asnières-sur-Seine, soit 84 300 €, coûtent (84 300 − 23 000) × 3% ≈ 1 839 € de droits. Ces frais ne sont jamais financés par la banque : ils sortent de votre poche.

Qui exploite le commerce ? La location-gérance

Vous ne tenez pas la caisse. Le commerce est confié en location-gérance à un gérant : c'est lui qui l'exploite, sert les clients et garde le fruit de son travail. En échange, il verse aux détenteurs de parts une redevance, chacun au prorata de sa part.

Combien rapporte un commerce ?

La redevance annuelle est un pourcentage de la valeur du fonds, qui dépend de ce qui retient sa clientèle :

Type de fonds Exemples Redevance par an Soit par jour de jeu, pour 100 000 € de valeur
La clientèle suit l'enseigne supermarché, supérette, banque, station-service 11% ~917 €
La clientèle tient au lieu boulangerie, pâtisserie, pharmacie, hôtellerie 6,5% ~542 €
Tous les autres restaurant, café, boutique, musée, monument… 9% 750 €

Ce taux est ensuite multiplié par l'emplacement, l'état du lieu et ses améliorations (voir Le revenu en continu). Un fonds qui garde ses clients quoi qu'il arrive se paie cher et rend donc moins ; une enseigne se cède moins cher et rend plus.

Pourquoi plus qu'un bâtiment ? Un bâtiment rapporte 5% par an. Le surplus d'un commerce est une prime de risque, et ce risque arrive vraiment : un gérant peut faire défaut (plus de redevance pendant quelques jours de jeu, et le fonds perd une part de sa clientèle, donc de sa valeur), et un commerce peut fermer pour de vrai, liquidé à 50% de sa valeur (voir Quand un commerce ferme ou que son gérant fait défaut).

La redevance rentre avec le reste de vos revenus quand vous collectez votre réservoir. Deux choses s'en retranchent :

  • les charges du loueur de fonds : 12% de la redevance (matériel, honoraires, assurance, cotisation foncière des entreprises), détaillées dans Charges du bailleur ;
  • l'impôt : en nom propre, la redevance relève des bénéfices industriels et commerciaux (18,6% de prélèvements sociaux, plus l'impôt sur le revenu de votre foyer au barème) ; en société, de l'impôt sur les sociétés (voir Impôt sur les bénéfices).

Investir avec une société

Vous pouvez investir en nom propre ou via une de vos sociétés (SASU/SCI). Dans la fenêtre d'investissement, un choix « Investir avec » propose votre nom propre ou une société que vous gérez ; la part est alors payée sur la trésorerie de la société, qui touchera aussi la redevance. Le fonds s'amortit : sa mise entière se déduit du bénéfice sur 120 jours (10 ans), en société comme en nom propre, où la déduction reste limitée à la redevance nette de ce commerce (voir Impôt sur les bénéfices). Voir Sociétés (SCI).

Transférer une part entre nom propre et société

Si vous avez investi dans le même lieu en nom propre ET via une société (ou via deux sociétés différentes), chacune de vos parts apparaît sur sa propre ligne dans l'onglet Propriétaires, avec un chevron ›. Touchez-le pour ouvrir un écran dédié à cette part, avec un bouton « Vendre » et un bouton « Transférer » qui déplace cette part vers une autre entité que vous contrôlez (votre nom propre, ou une autre société que vous gérez) :

  • Entrer une part en société est un apport : la plus-value prise en nom propre est imposée maintenant et vous payez les droits d'apport (le barème des commerces pour un fonds).
  • La reprendre vers le nom propre se fait par un rachat au prix du marché ou une attribution (dividende à la flat tax de 31,4%) ; dans les deux cas la société paie l'IS sur sa plus-value. D'une société à une autre, c'est une cession payée par la société d'arrivée.
  • Le calcul part de la valeur de marché de la part, jamais de votre prix de revient, et la part repart à zéro chez son nouveau détenteur (prix de revient, ancienneté, amortissement). Voir Sociétés (SCI).
  • Vous ne pouvez transférer QUE les parts d'une entité que vous contrôlez : votre nom propre toujours, une société seulement si vous en êtes le gérant.

Investir à crédit

La fenêtre d'investissement se déroule en quatre étapes : avec qui vous investissez (vous ou une de vos sociétés, étape absente si vous n'en gérez aucune), combien (la part), comment (apport et crédit), puis un récapitulatif avant de confirmer.

Comme pour l'acquisition d'une rue, vous pouvez financer une part à crédit, que votre solde suffise ou non. Choisissez la part que vous voulez (le curseur va jusqu'aux parts encore libres, plus seulement jusqu'à ce que vous pouvez payer comptant), puis votre apport : la banque finance le reste, en se gageant sur la redevance que cette part va produire. Le crédit couvre le prix du bien, jamais les frais d'acquisition : ceux-là sortent de votre poche. Prêt et acquisition se font en une seule fois. Les règles sont celles du crédit (voir Prêt et mensualités) : la banque exige un apport minimum, que le curseur vous montre, et une société emprunte sur ses propres revenus.

Entretenir et améliorer un commerce

Un commerce a deux jauges dans son onglet « Améliorer », à ne pas confondre :

  • son état, qui se dégrade tout seul avec le temps et qu'on rénove en boucle : un bien mal tenu rapporte jusqu'à 40% de revenu en moins. Tout est détaillé dans État d'un bâtiment & rénovation ;
  • ses améliorations, un choix d'exploitation définitif, décrites ci-dessous.

Un lieu peut être amélioré (une terrasse pour un restaurant, une aile pour un musée…) pour augmenter son revenu. Chaque amélioration ajoute +5% ou +10% de revenu, payée en cash (jamais en Coins : pas d'avantage à l'argent réel).

  • Il faut d'abord avoir débloqué CHAQUE amélioration par la Recherche, une par une (verrou 🔒 tant que ce n'est pas fait). Au sein d'un même palier, l'ordre est libre : vous choisissez laquelle rechercher en premier. Le palier +10% d'une famille s'ouvre dès qu'une majorité de son palier +5% est débloquée (pas la totalité). Voir Recherche.
  • N'importe quel coassocié peut payer une amélioration, seul (une fois le palier débloqué), sans vote. Le revenu monte alors pour tout le monde.
  • Si votre part est logée dans une société que vous gérez, l'onglet « Améliorer » apparaît aussi : l'amélioration est alors payée par la trésorerie de la société (et ses parts qui augmentent).
  • Le montant que vous payez vous acquiert des parts encore libres du lieu : votre pourcentage augmente. Les autres coassociés ne perdent pas leur part ; ils touchent simplement plus, puisque la redevance totale a grimpé.
  • Chaque lieu n'a qu'un nombre limité d'améliorations : l'effet ne peut pas filer à l'infini.

Exception : les lieux de culte. Église, mosquée, synagogue, temple… un tel lieu ne rapporte jamais de revenu, quelles que soient les améliorations achetées. Investir dedans est un don, pas un placement. Détails : Mécénat (lieux de culte).

Puis-je donner un nom à mon commerce ?

Oui, si vous en êtes le coassocié majoritaire (plus de la moitié des parts) et qu'il n'a pas déjà un vrai nom. Ouvrez sa fiche, puis le menu d'actions (en haut à droite) : « Nommer ce bien ».

La plupart des biens n'ont pas de nom : dans « Mes biens », un bâtiment s'affiche « Immeuble · 838 m² de plancher », et une liste de quinze lignes comme celle-là ne se lit plus. Le nom que vous donnez prend leur place.

  • Gratuit, et modifiable ou retirable quand vous voulez.
  • Vu par vous et vos coassociés seulement : pas sur la carte, pas au Marché, pas pour les autres joueurs.
  • Les lieux qui portent déjà leur vrai nom (une mairie, un hôtel) ne se renomment pas : le jeu se joue sur une carte réelle.
  • Si vous cédez toute votre part, le nom que vous aviez donné disparaît. Loger votre part dans une de vos sociétés ne change rien : vous restez coassocié, le nom reste.

Puis-je revendre ma part ?

Oui. Dans l'onglet Propriétaires d'un lieu :

  • Vendre votre part. Touchez le chevron à côté de votre ligne pour ouvrir son écran de gestion, puis « Vendre » et « Mettre sur le marché » : une fenêtre où vous fixez votre prix. Il est borné : au minimum la moitié, au maximum le triple - de votre mise ou de la valeur du jour, celle des deux qui ouvre le plus large (pourquoi). Le plancher descend exprès sous votre prix de revient : un commerce que vous avez laissé se dégrader vaut moins que ce qu'il vous a coûté, il faut donc pouvoir le vendre à son prix de marché. Vous pouvez retirer votre part de la vente à tout moment.
  • Racheter une part. Quand un coassocié a mis sa part en vente, elle affiche « en vente » avec son prix et un bouton « Racheter ». N'importe quel joueur peut la racheter, de partout.
  • Faire une offre. Sur la ligne de n'importe quel coassocié, « Offre » propose de racheter tout ou partie de sa part, à votre prix. Depuis l'écran de votre part, « Vendre » puis « Proposer à un ami » fait l'inverse. L'autre joueur a 3 jours pour répondre (voir Vendre et racheter entre joueurs).
  • Une mise en vente porte sur votre part en entier ; une offre peut n'en porter qu'une partie. L'agence prélève sa commission de 5% sur le prix, et la plus-value est imposée comme une plus-value professionnelle (voir plus bas) : la popin de mise en vente vous annonce les deux avant que vous ne fixiez votre prix (voir Vendre et racheter entre joueurs). Personne ne peut vous forcer à vendre.

Comment est imposée ma plus-value ?

En nom propre, la revente d'une part de commerce relève des plus-values professionnelles :

Vous détenez depuis Impôt sur le revenu Prélèvements sociaux
moins de 24 jours (2 ans) au barème de votre foyer, ajoutée à vos revenus 18,6%
24 jours (2 ans) et plus 12,8% 18,6%

Il n'y a aucun abattement pour durée de détention : garder un commerce longtemps ne fait jamais disparaître l'impôt, contrairement à un bâtiment. En société, la plus-value entre dans le bénéfice, soumis à l'impôt sur les sociétés. Détails : Impôt sur les bénéfices.